CHANTIERS

7. LA NOUVELLE ALCATRAZ

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 Dans les vieux forts, les touristes raffolent toujours des cachots des prisonniers et des oubliettes. Mon ami Maurice m'a remis un jour comme une relique la copie d'un gobelet qu'il avait achetée dans le Federal Penitentiary de la vieille Alcatraz, où il n'avait pu échapper au rite de se laisser enchaîner un instant dans une cellule de détenu. Durant un séjour à San Francisco, nous avons tourné autour d'Alcatraz en bateau et à mon tour j'ai été captivé. Etait-ce à cause du cinéma américain et d'Al Capone ? Dans mes marches de santé, je frôle souvent les murs du Centre pénitentiaire des femmes et je me rends dans un jardin proche de la Maison d'arrêt des hommes. Derrière les épaisses murailles peinent les contrevenants aux lois de la cité. L'idée d'êtres humains en cage m'attriste. Et ne me chagrine pas moins la pensée d'extorsions obtenues de personnes malmenées comme des bêtes d'abattoir. Où en suis-je de ma réflexion sur les systèmes pénitentiaires ?

Une visite à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal

Avant d'en venir à la réflexion proprement dite, je tiens à relater une visite que j'ai pu faire en juin 1997, en compagnie d'une professionnelle travaillant en France au service de l'application des peines, à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal, un hôpital spécialisé en psychiatrie légale. Cette brève expérience d'une matinée n'a pas déterminé mes conceptions en ce qui concerne les questions pénitentiaires, mais elle m'a conforté dans ma position. Chacun peut se reporter au site web de cet Institut pour savoir où il en est aujourd'hui. J'y lis qu'il compte maintenant 292 lits. Je vais m'en tenir à l'expérience dans laquelle j'ai été intégré, l'année indiquée ci-dessus.

Philippe Pinel, médecin français (1745-1826), "s'adonna, selon le Larousse, à l'étude des maladies mentales et fut nommé en 1793 médecin-chef de Bicêtre ; il opéra une véritable révolution dans le traitement des fous, en substituant aux chaînes et aux brutalités un régime de douceur et de bonté. Il passa à la Salpêtrière en 1795. Membre de l'Institut, 1803."

L'Institut de Montréal traite des délinquants pour des agressions sexuelles diverses ou pour pédophilie. On y obtient des résultats encourageants : environ 50% des gens soignés à Pinel ne récidivent pas. Cet établissement de 15 unités de 21 patients maximum est ce qu'il y a de plus efficace au monde pour l'instant pour soigner cette forme de délinquance. Il faut noter qu'il n'y pas eu une seule agression de femme soignante dans ces unités en 19 ans.

Nous avons découvert une clinique qui ressemble aussi peu que possible à une prison, mais où l'on n'entre pas du tout comme dans un moulin. Notre introducteur, qui est venu ensuite dans notre ville animer des journées professionnelles, était un criminologue sexologue, chercheur à l'Institut Pinel. Il publie régulièrement ses travaux dans des revues spécialisées. Après nous avoir mis en contact avec le personnel soignant autour d'un café, il nous a confiés à un patient, au milieu des dix-neuf autres bénéficiaires de soins de l'unité.

On peut entrer à Pinel, par exemple au cours d'une peine de cinq ou six ans de détention, au meilleur moment, pour y passer une année entière. Le patient doit être volontaire. Celui qui viendrait là dans le seul espoir d'y trouver un adoucissement au régime de la prison serait vite incité à jouer le jeu ou à retourner dans son centre de détention. Le parcours est exigeant et tous ne peuvent le supporter.

Le patient qui nous a guidés et que j'appellerai Jimmy par convention nous a tout montré dans le service : les chambres pour deux (mais avec un mur de séparation conséquent), la salle de séjour, la salle de réunion avec l'ordinateur, la cuisine, le contenu du frigo, la lingerie dont il est responsable, la chambre forte, très claire, où les excités sont enfermés pour une courte durée, qu'il ait fallu le faire ou qu'ils l'aient eux-mêmes demandé. Nous avons pu lire les informations internes du tableau d'affichage. Ce cadre agréable n'a rien à voir avec les cellules des prisons françaises que nous montre maintenant assez souvent la télévision. Chacun des patients assume une responsabilité particulière dans l'unité qui ne peut tourner sans eux. Si le chargé des achats alimentaires a oublié de commander du sucre, il n'y a pas de sucre dans le service et pas de dépannage immédiat. Des couloirs vitrés, nous apercevions les cultures du centre horticole de l'Institut.

L'accueil que Jimmy, le patient, avait accepté d'assurer pour deux visiteurs étrangers durant une matinée entière faisait partie intégrante de sa thérapie. C'est pourquoi, nous avons pu échanger très librement avec lui de sa situation et même de ses tendances violentes. Il a dialogué avec nous en insistant beaucoup sur le climat de confiance qui régnait à l'Institut. Si nous sentions qu'il avait pour une part intégré le langage de sa thérapie sans être encore en mesure de l'assumer totalement au jour le jour, par contre, le climat de réflexion et de dialogue sur sa pratique quotidienne nous a révélé une école de vie qui doit marquer un homme. Une fois rentrés, nous lui avons écrit.

Le soignant et chercheur, qui nous avait introduits, était vêtu non pas d'un costume cravate ou d'une blouse blanche comme un professeur européen, mais d'un short et d'un tee-shirt orné d'un dessin genre Mickey. Il est venu nous retrouver pour un petit bilan avec le patient. C'est dire le climat.

Ce n'est pas par la pharmacie que l'on aide d'abord les gens à se rendre maîtres de leurs pulsions ici, mais avant tout par la parole, la confiance, la mise en œuvre de la responsabilité personnelle dans l'unité avec les autres, dans les ateliers, au jardin, dans le débat commun. La castration chimique ne saurait résoudre les problèmes humains, même si les pilules peuvent jouer leur rôle à tel moment du parcours.

Plusieurs fois, au cours de ces quelques heures, ma pensée s'est évadée vers les prisons françaises et les geôles du monde et je me suis dit : "Si l'on tentait quelque chose d'approchant, dans cet esprit et toutes proportions gardées, pour soigner toute délinquance."

Jeu de voleurs et de gendarmes

Dans les rues et les champs, même si la violence humaine s'est exercée bien avant, tout peut se rattacher au grenier néolithique. Dès lors que les hommes se sont mis à y entasser leurs récoltes, acquises par certains à la sueur de leur front, les réserves ont suscité l'envie de ceux qui n'ont pas supporté le poids du jour. Au temps biblique de Gédéon, les Madianites du désert Syrien fondaient dès la fin des battages sur les céréales amassées par Israël. Et nous gardons tous en mémoire les images d'Epinal des razzias normandes dans les villages et les abbayes.

L'homme est un prédateur. Tout groupe humain s'organise pour partager plus ou moins injustement le gâteau des richesses qu'il produit. Les révoltés de tous les temps n'ont pas manqué de dénoncer l'accaparement des puissants lors de cette distribution. Les nations les plus dotées continuent d'exercer des pressions coloniales sur les pays les plus démunis par le biais du commerce. Chaque société est conduite à réprimer le vol sous ses diverses formes. Il arrive que des nantis, au demeurant actifs et ingénieux mais avides à l'excès, s'y adonnent et se fassent prendre, puisque l'on trouve parfois dans le box des accusés des élus qui ont escroqué à la fois leurs électeurs et des entreprises en quête de contrats. Mais le nombre des contrevenants à la loi est bien plus considérable parmi ceux qui n'ont pas envie de se harasser quand d'autres se dépensent tête baissée. Qu'ils soient sans grandes ressources ou déjà à l'aise mais soucieux d'améliorer l'ordinaire ou encore ruinés mais en appétit de luxe, ils volent à l'étalage, à la tire ou à la roulotte. Ils maraudent, pillent les villas ou détroussent les voyageurs. Ils montent des hold-up. Appartenant à une famille que la profession - et non pas la richesse - a mis six fois jusqu'ici devant l'obligation de céder sous la pression du revolver, le sujet me paraît presque banal. Les détournements par ruse seraient bien plus importants que les cambriolages avec contrainte physique. Le voleur joue au plus malin et rit de l'imbécile qui s'est échiné en vain pour mettre de côté. Son activité peut même tenir lieu de divertissement. C'est alors l'exploit palpitant du gentleman cambrioleur, dans des affaires du genre train postal Glasgow-Londres. L'ère numérique décuple les possibilités de ravir. La police s'équipe, mais les malfaiteurs sont toujours en avance d'une guerre. Déploiement d'imagination, goût de la performance et extrême suspense se tissent pour des aventures autrement plus pimentées que celles des spectacles de la bonne société vautrée dans ses fauteuils. L'opération est éventuellement assortie d'un couplet sur le régime capitaliste et le devoir de dérober du foie gras chez Fauchon. Les bijouteries et les coffres des banques ne sont pas les seuls à aiguiser la convoitise. Même si vous étiez nu et ne possédiez en tout et pour tout qu'un billet de dix euros, vous attireriez encore les rapaces. Les sans-logis s'agressent entre eux.

Du désir des choses pour en jouir (au minimum ton autoradio, pour le revendre et m'acheter du haschisch) l'on passe au crime sur le corps de l'autre. Il ne suffit pas de vivre ascétiquement pour être garanti. On vous tue pour quelques pièces ou même pour un litre de gros rouge. Malheur au vieillard qui résiste à donner les cent euros qu'il vient de retirer d'un guichet automatique, malheur au monsieur mal aimé dont la mort va dénouer les cordons de l'assurance-vie !

A ces meurtres utilitaires, il faut ajouter les crimes passionnels. Désir désordonné de l'autre. Puisque tu ne me réserves pas ton corps, dans un geste d'ultime possession, je le tiens hors de portée des concurrents. Puisque tu résistes à ma volonté, j'éteins la tienne à jamais.

Jouir immédiatement de la chose, sans le travail que sanctionne un vrai salaire. Démontrer sa toute-puissance infantile sur son prochain, sans le pénible ouvrage du deuil assumé et de la construction sur le roc qui suppose une part de renoncement pour accorder des moments de vraie joie.

Malheur enfin au faible que des garnements torturent par pur sadisme et abandonnent mort !

La riposte majoritaire

Les choses matérielles ont dans une vie humaine une valeur bien relative, mais il en faut un minimum. En vieillissant, il faudrait atteindre au détachement, apprécier l'austérité de la fin du voyage. Veiller à ne plus s'embarrasser que de l'essentiel, tout juste d'une grotte d'anachorète, maîtriser ses désirs comme un ascète. Savoir fêter Pâques, mais accepter le carême comme sa condition habituelle. Vivre comme un bouddhiste zen sans le bouddhisme. Eveillé. Délivré. En réalité combien de vieillards parviennent volontairement à une telle sublimation ? Je me garderais bien de l'indiquer aux autres comme une voie. J'en ai même connus qui s'y sont livrés avec allégresse, pour se plaindre ensuite amèrement de leur imprévoyance.

Peut-on, tout au moins, modérer le dynamisme des battants, qui se font, par leurs exploits, un monde qui fascine les démunis ? Mais cette temporisation ne reviendrait-elle pas à ruiner l'être humain lui-même, dont l'élan est créateur de travail, d'emplois et de civilisation, tout en procurant une récompense aux efforts soutenus, aussi indispensables à la réussite que le désir d'entreprendre ? Peut-on alors soigner, en prêchant la résignation, les frustrations des pauvres qui aspirent au paradis gratuit ? Mais ce serait faire le jeu des nantis. Dans des églises richement ornées on a trop bien fait vibrer cette corde autrefois. Un partage réaliste ne peut découler que d'une participation équilibrée à la production.

En réalité les uns prospèrent, accumulent et provoquent par leur opulence. Ils inventent des coffres-forts et des alarmes. Et d'autres poussent des sapes sous les remparts ou y pratiquent de larges brèches pour assiéger ensuite les donjons. Les victimes restées valides ou leurs représentants peuvent porter plainte. La police et la gendarmerie se jettent aux trousses des voleurs et des criminels. Les investigations qui en valent la peine ne sont pas toutes couronnées de succès. Le coût d'une enquête l'emporte parfois sur les valeurs dérobées. Les agents de l'ordre public interviennent là où le préjudice pèse trop lourd. On menace. On renforce la sécurité. Mais on manque de moyens. Il faut toujours réduire les frais de l'Etat.

La justice traite les dossiers. Elle établit des responsabilités. Elle punit le malfaiteur et elle met la société à l'abri de ses exactions. Elle exige réparation. Elle favorise la réadaptation du délinquant. Telles sont ses tâches, parfois impossibles. Il n'est pas toujours aisé d'établir la preuve soit de la culpabilité de celui-ci, soit de l'innocence de celui-là. Une enquête conduite par des gendarmes trop pressés mais assermentés, et voilà votre affaire noyée dans les marais de l'iniquité. Les investigations peuvent être faussées par l'irruption des médias qui cherchent chaque semaine la provende d'une clientèle avide de scandales ou embrouillées par la psychologie particulière d'une famille qui règle ses comptes internes. Obtenir réparation s'avère parfois compliqué. Que de rechutes pour quelques réinsertions réussies !

L'acte judiciaire est l'enjeu d'un combat entre deux camps d'avocats. L'argumentation doit être assurée par des professionnels compétents. Mais arrive le moment où la virtuosité du défenseur à trouver des failles dans le dossier adverse, à tirer parti de certaines imprécisions de l'accusation et à différer la sanction frise la malversation. L'accusé qui peut payer les avocats les plus subtils, capables de tenir le plus longtemps, finit par se sortir de fort mauvais pas. Le petit cambrioleur, dont il n'y a rien à tirer et défendu sans conviction, peut écoper le maximum, sans pouvoir objecter que le barème n'a pas été respecté.

L'erreur judiciaire existe. Un exemple : je retrouve une petite note de presse sur Michel Peuron, condamné par contumace. Il avait été soupçonné, parce que l'on avait trouvé sa carte d'identité sur les lieux d'un crime. Or celle-ci lui avait été dérobée par le complice des deux autres criminels impliqués. Nous avons en mémoire le cas de Dreyfus, réhabilité, mais il reste de cette affaire une empreinte indélébile dans notre histoire. Et Guillaume Seznec, dont le nom revenait si souvent dans les conversations des hommes pendant mon enfance ? Il paraît qu'il ne suffit pas qu'un suspect avoue avec force détails pour fournir la preuve de sa culpabilité, tant une garde à vue est un passage éprouvant. Récemment, des jugements d'assises ont été radicalement remis en cause. Le nom de la petite ville d'Outreau n'évoque plus désormais qu'une affaire de pédophilie fort mal conduite en police et justice.

La justice est nécessaire, possible en général. Elle obtient des résultats. Elle n'atteint pas l'objectif de dire universellement qui a raison et qui a tort. Elle ne dispose pas toujours des moyens d'établir le droit du juste. L'une des grandes déceptions des citoyens, c'est qu'aucune justice parfaite n'est possible sur terre. Pour que la vie sociale s'écoule comme un large fleuve de plaine, des décisions autoritaires sont nécessaires, autour d'une règle, après examen contradictoire d'un dossier, souvent incomplet. La justice n'arrive qu'à dire le droit utile à la paix sociale. Elle profère qu'à partir de ce jour on fera comme si les choses étaient ainsi. Mais le seul fait d'avoir été mis en cause à tort flétrit des vies entières. Les gens aimeraient que la justice humaine désigne et châtie inexorablement des responsables bien identifiés. Ceux de l'effondrement des tribunes du stade de Furiani, ceux du drame du tunnel du Mont-Blanc et ceux qui ont laissé le SIDA proliférer. Les responsabilités sont enchevêtrées. Les gens voudraient blanchir la terre de toute impureté et ils doivent souvent se résoudre à supporter la vue d'un tissu passé chez le teinturier mais dont certaines traces sont indélébiles. La justice humaine est simplement humaine. Aucun homme n'est assuré qu'on pourra lui rendre justice. Le tribunal se heurte lui aussi parfois aux murs de l'inconnaissance et de l'incompréhension.

Le présupposé du prétoire

Dans un chapitre précédent, j'ai dénié l'existence du libre arbitre. Peut-on être prêtre sans croire en Dieu ? Peut-on être juge, sans professer le libre arbitre ? Un juge, sans cette foi élémentaire, pourrait-il infliger une peine incompressible de trente ans à un criminel ? Ecoutons un procureur prononcer son réquisitoire. Le libre arbitre n'est-il pas la valeur qui sous-tend tout son discours ? Le jury déclare coupable celui qui a mal usé de sa liberté et il prononce une peine. Les juges font croire aux accusés qu'ils sont libres de leurs actions. Alors, ils peuvent leur imposer un châtiment estimé équitable. Apprécier les capacités du libre arbitre du délinquant, voilà la tâche que l'on se donne au prétoire. Eventuellement on reconnaîtra au coupable des circonstances atténuantes.

Pour adoucir les peines, on a cherché du côté de la biologie. Les investigations génétiques n'ont pas abouti à déceler le chromosome du crime. On avait à tort soupçonné les XYY. Aux Etats-Unis, on s'affaire à accumuler des données sur les facteurs génétiques de certaines maladies mentales qui pourraient prédisposer au forfait. La conclusion provisoire, c'est - comme souvent dans ce champ-là - que la composante génétique n'entraîne pas à elle seule la maladie qui inclinerait à la violence. L'héritage biologique est toujours modelé par l'environnement.

On a fait des recherches du côté du milieu. Du milieu familial, d'abord. Si la délinquance ne s'enracine pas à coup sûr au sein maternel, elle peut dépendre passablement du berceau dans lequel un nouveau-né a été déposé. Le manque d'autorité paternelle structurante a souvent été soupçonné. D'où vient ce besoin si fort de s'approprier les biens des autres ? On peut toujours invoquer Freud et dénoncer une insatiable fixation au stade anal. Ou renvoyer à René Girard : Ce n'est pas tant ton objet que je désire que ton désir de l'objet, je ne veux pas la même chose que toi, je veux précisément cette chose à laquelle tu tiens, je veux me nourrir de ton désir. La pathologie de la criminalité a été scrutée sous toutes ses coutures.

Le milieu social aussi présente ses faiblesses. L'industrialisation, la fascination de la ville, le grossissement démesuré des agglomérations, le chômage endémique et l'anonymat urbain ont accentué la délinquance. Les journaux, les essais et les conférences aux congressistes regorgent d'informations sur l'insécurité et de propositions de mesures pour l'enrayer. Mais déjà Caïn jalousait son frère et le tua. Flavius Josèphe que j'ai un peu lu au temps de mon professorat raconte des délits très ressemblants à ceux d'aujourd'hui, y compris des prises d'otages.

Au tribunal, on fait reposer sur les psychiatres des responsabilités considérables. Il paraît que l'on s'en remet trop facilement aux experts. Ceux-ci savent que leur appréciation peut aggraver la peine. On dit et on écrit qu'ils peuvent avoir tendance à corriger l'effet attendu et à se substituer ainsi aux jurés.

Finalement, si un délinquant ne paraît pas relever d'un établissement psychiatrique, c'est qu'il a mal usé de sa liberté. Il est déclaré suffisamment coupable pour subir une peine proportionnée à sa faute.

S'il est emprisonné, sa privation de liberté est, plus ou moins tacitement, assortie d'un mode de vie spartiate, que les organisateurs de la détention et les geôliers justifient par le manque de crédits. Le déficit d'argent cache pudiquement qu'il y a un consensus populaire pour en faire endurer au détenu. La peine de mort était autrefois bien plus une vengeance de la société qu'une façon d'enrayer la criminalité. Les prisons dorées ne sont pas nombreuses dans le monde. Aux U.S.A., dans l'Etat de l'Arizona, un shérif a organisé un pénitencier sous toile en plein désert. Selon la direction, le délinquant doit tellement en baver dans cette géhenne qu'il doit avoir envie en sortant de s'enfuir à l'autre bout du monde. L'Etat impitoyable devrait être à court terme délivré de sa "racaille" ! Je ne sais où en est l'Arizona aujourd'hui, mais je sais qu'en France le dernier mot entre guillemets n'était pas de mise sur des lèvres ministérielles.

Vous parlez de réinsertion ? Eh bien, rien de mieux, pense-t-on, au fond de soi, pour aider les gens à vivre en respectant les autres et à filer doux comme le commun des mortels, que de leur faire éprouver un purgatoire sans concession. Ils réfléchiront avant de se remettre à braquer des banques et à malmener les petites vieilles pour leur voler leurs économies. Hélas, d'expérience, les professionnels du système pénitentiaire avouent que le purgatoire ouvre ici beaucoup plus sur l'enfer de la récidive que sur le paradis de l'amendement. La presse nous expose avec raison les cas de criminels passant le baccalauréat et soutenant des thèses de doctorat. Même dans les prisons d'aujourd'hui, on peut devenir un autre homme, qui arrache à juste titre l'admiration des jurys de soutenance. Ces heureux résultats ne préservent pas à coup sûr de la rechute. Nous en avons eu récemment quelques preuves abondamment médiatisées, qui ont découragé la bonne volonté des partisans d'une réinsertion réussie après un parcours exemplaire et très qualifiant en détention. D'ailleurs les universitaires en poste ont eu comme les cordonniers leurs criminels. Nous admirons tous Jean Genet. Ce n'était pas un grand méchant, mais l'écriture ne l'a pas du tout gardé de ses tendances aux menus larcins. Dans la mesure du possible, face aux méfaits de la prison criminogène, on pense plutôt, pour les délits mineurs, à des peines de substitution.

La justice rendue sous le chêne du libre arbitre conduit à des remises de peine pour bonne conduite. A des œuvres de miséricorde : Jean-Paul II fit sensation en pardonnant à son agresseur dès qu'il retrouva la parole après l'attentat du 13 mai 1981 et surtout en allant visiter Ali Agça dans sa prison le 27 décembre 1983. Le Jubilé de l'an 2000 fut l'occasion, par l'action conjointe de l'Etat italien et du Vatican, d'amnistier le condamné à vie après 19 ans de peine, pour le remettre à la Turquie, à qui il devait aussi des comptes. Les grâces ont encore cours : tel un souverain d'Ancien Régime, avant l'abolition de la peine capitale, notre Président de la République pouvait gracier un condamné à mort ; le droit de grâce reste inscrit à l'article 17 de la Constitution de 1958 et il arrive qu'il soit exercé pour des raisons diplomatiques ; après l'accession du nouvel élu à l'Elysée le gouvernement propose au parlement le vote d'une loi d'amnistie, pour des libérations plus ou moins généreuses. Ainsi la justice est sévère, mais le prince peut être magnanime et le mauvais garçon peut tirer des bénéfices de ses progrès.

Quelle liberté dans l'acte humain ?

Et si l'on refusait à tout jamais d'entendre parler de prison, de Centre de détention ou de Maison centrale ? Si nous rêvions d'"espace expérimental de protection" où des résidents jouiraient d'une authentique autonomie sur un territoire limité. On y oublierait complètement les vieux schémas judéo-chrétiens.

Quel serait le grand présupposé de cette révolution mentale et sociale ? La controverse du libre arbitre reste ouverte. C'est une affaire de foi, comme la croyance en Dieu ou à l'âme. La réaction face au délit objectif devrait en conséquence se situer en marge de la solution apportée à cette question philosophique. Evitons de traiter la violence sociale en nous référant à une valeur incertaine. Les gens qui sont sûrs d'agir par décision de leur libre arbitre s'accusent farouchement et ont tendance à se détester les uns les autres. Ceux qui ne sont pas certains de pouvoir choisir librement d'agir ou non, d'agir de telle et telle façon sont plus compréhensifs et plus tolérants pour leurs compagnons sur les routes de la vie. Mais nous sommes bien d'accord : n'importe quoi n'est pas possible et souhaitable à partir de là. Le déroulement de la vie est tel que l'existence de chaque personne appelle la protection et que ses droits brident l'initiative qui la blesse.

Le résident entré à la Nouvelle Alcatraz, que j'imagine, est bien considéré comme l'auteur de ses actes. Il s'est engagé dans ses méfaits de tout son être, comme un arbre qui, de toute sa nature, produit telle espèce de fruit. Il est formellement celui par qui la violence a explosé. Pourtant, on ne peut à coup sûr lui reprocher d'être ce qu'il est. Il est innocent de son être. De tout le penchant de son être, comme un fleuve va vers la mer, il a emprunté le chemin disponible dans une vallée qui le précédait. Il n'y a pas à le punir et à lui pardonner s'il se rachète en se conduisant bien. Il ne doit pas être considéré comme un coupable, qui devrait expier et envers qui, éventuellement, la société serait miséricordieuse. C'est un frère humain, dont la vie est inaliénable, mais qui est objectivement dangereux. C'est un frère inadapté pour l'instant à la vie sociale commune. Son fait délictueux ne peut qu'être constaté, sans cette qualification morale que certains juges et procureurs se délectent de prodiguer. Il n'a pas à coup sûr choisi d'être méchant alors qu'il aurait pu choisir d'être bon. Son histoire personnelle l'a fait ce qu'il est devenu. Il aurait sans doute préféré une autre trajectoire. Si le criminel ne l'est pas par sa faute, son innocence ne le rend pas d'agréable compagnie pour autant. II doit être empêché de recommencer.

Pour moi, la délinquance est le fruit inéluctable de la personnalité charpentée dans un cadre familial et social donné. Le délinquant n'a pas intégré, pour des causes diverses déjà évoquées à propos des circonstances atténuantes, que le corps de l'autre est intangible et qu'un corps humain se prolonge dans une certaine mesure (certes discutable, mais délimitée dans une culture donnée) par quelques biens indispensables à sa vie. Dans son comportement, il fait comme si l'autre était un objet dont il peut disposer selon son désir et sur lequel il peut exercer un pouvoir arbitraire. Il n'a pas eu la chance de parvenir à la maturité commune relative. Quel commissaire n'a écouté des garçons, qui avaient tiré un numéro perdant, exposer leur pauvre logique ?

Regardons l'enfance, l'histoire œdipienne de ce malfrat, puis analysons les circonstances dans lesquelles il s'est trouvé. Avec le bagage dont l'hérédité, l'éducation, les fréquentations et les circonstances l'ont affublé, il ne pouvait faire autrement. C'est un frère malchanceux. Faut-il le punir ?

Même dans le crime utilitaire, où l'attachement à l'argent l'emporte sur le rapport équilibré aux personnes humaines, et dans les crimes passionnels, où une fixation amoureuse ne relativise pas assez les rapports humains, une empreinte pathologique paraît se loger. Faire état au tribunal de la "normalité" d'un être humain qui a craqué un jour et qui serait donc entièrement responsable de son crime, par opposition au délinquant jugé anormal par son entourage, mais qui vient de passer à l'acte criminel pour la première fois, c'est oublier la dimension œdipienne de toute personnalité humaine. Les termes normalité et anormalité, utilisés à partir des apparences sociales, ne sont pas pertinents pour préciser le degré de responsabilité. Toute atteinte grave à la vie d'un autre n'est-elle pas profondément ancrée dans un œdipe en fait mal liquidé ou, si l'on veut, dans une organisation désastreuse des circuits neuronaux ? Tout criminel n'est-il pas susceptible d'un très long examen et d'un traitement approprié dans un centre psychiatrique ? Quel jugement est précédé ainsi d'une minutieuse exploration interdisciplinaire ?

De même encore, invoquer la préméditation ou l'exclure, c'est commode juridiquement, mais il faut savoir que réellement les actes se préparent de manière souterraine dans l'inconscient. Il y a une différence réelle entre celui qui, bien dans sa peau, a cultivé le réflexe de faire attention aux autres et a été surpris par un concours imprévisible de circonstances et celui qui ne fait attention qu'à lui et tue par étourderie. Les deux seront jugés comme responsables d'un homicide involontaire et pourtant quelle différence objective !

Encore un mot sur la récidive. Il faut certes prendre toutes ses précautions pour l'empêcher, mais on ne peut indéfiniment retenir derrière des murailles et des grilles des gens qui ont donné des garanties convenables. La vie humaine est dangereuse, quand on passe sous un balcon où sont accrochés des pots de fleurs, quand on prend la route, la mer, le train ou l'avion et même quand on s'endort dans son lit. La loterie derechef ! La récidive n'est jamais exclue, pas plus que n'est exclu un crime primaire grave de n'importe quel citoyen très gentil. La vie est semée de périls, physiques, psychologiques et sociaux.

De la geôle expiatoire à la Nouvelle Alcatraz

Quel pourrait être le projet de l'encadrement à la Nouvelle Alcatraz ? Mon souci n'étant pas de disserter de la prévention, évidemment primordiale, mais de la délinquance effective, la première chose dont il faut parler est le budget important qui doit être consacré à son traitement pluridisciplinaire dans des centres viables de résidence surveillée. Pour des espaces nouveaux, il faut de l'argent, mais justement en vue d'une réponse correcte à la violence humaine et pour un plus grand bonheur de la société entière. Le consentement financier du peuple est loin d'être acquis. Les Républiques si soucieuses d'équiper l'école et de dépenser pour des musées prestigieux, des théâtres splendides ou des bibliothèques dignes de celle d'Alexandrie, ne se précipitent pas pour repenser de fond en comble le système pénitentiaire. Elles auraient tout à gagner pour leur sécurité si elles faisaient les investissements indispensables pour soigner leurs membres les plus menaçants. Actuellement la tendance des tribunaux est d'allonger les peines. Or le prisonnier qui n'a plus rien à perdre devient un tigre.

Des fonds substantiels permettraient d'offrir des conditions supportables aux plus malheureux de nos frères. Un grand espace respirable mais bien surveillé coûte cher. Si l'on veut que les résidents de la Nouvelle Alcatraz soient compris, respectés et aidés par leurs gardiens, cela commence par le recrutement d'un personnel trié sur le volet et formé longuement. La privation temporaire de libre circulation ne serait pas conçue comme un châtiment, ni assortie d'aucune vexation psychique ou corporelle comme le mitard. Le centre de protection n'aurait rien à voir avec la Riviera, les clubs de vacances et le farniente, mais les conditions de la résidence forcée, sans être luxueuses, seraient normalement agréables. On y disposerait d'un cadre de vie convenable, d'une chambre personnelle confortable, d'une nourriture agréable, de moyens sportifs et culturels en nombre, de conditions de visite certes strictement soumises à surveillance, mais n'interdisant pas les relations sexuelles accomplies discrètement. On pourrait préférer y vivre en petits groupes. Espace exigeant pour ses pensionnaires, en vue d'une réinsertion bien ciblée, la Nouvelle Alcatraz resterait un lieu profondément humain, d'où serait exclu l'esprit du garde-chiourme. C'est dans ce climat inédit que l'on peut parler des intentions de l'encadrement, qui reprendrait ce que le régime pénitentiaire actuel offre de meilleur.

Protéger, assurer une réparation, puis rétablir des liens

La résidence serait d'abord une aire de protection. Il s'agirait déjà de mettre l'auteur d'un acte délictueux ou criminel à l'abri de la vengeance, forcément arbitraire, des autres. Aucune haine ne serait entretenue à son égard. Le but de la mesure d'éloignement ne serait jamais d'assouvir la vengeance de la société en faisant purger une peine au criminel, ni de le faire expier.

Mais surtout, il s'agirait de garder la société des agressions de celui qui a été objectivement méchant, de retenir son bras. N'oublions jamais la souffrance des victimes. A juste titre, chat échaudé craint l'eau froide. Ce n'est pas parce que le déviant peut être excusé qu'il faut l'abandonner dans les ornières de la récidive. Une vigilance efficace suppose des moyens exceptionnels.

Le projet de la Nouvelle Alcatraz est aussi d'engager l'acteur du délit dans une mesure définie par les juges à réparer le dommage causé. On pourrait même penser que la durée de la résidence surveillée doive être articulée sur le devoir de la réparation. Pour instituer les conditions acceptables d'une indemnisation convenable, il faut que les résidents puissent s'investir soit dans des travaux d'agriculture et d'élevage, soit dans des ateliers de sous-traitance au service des entreprises. A l'Etat d'organiser les heures travaillées, en recourant au secteur privé et en compensant le manque d'emplois par l'instauration de travaux utiles à la collectivité, de manière que la réparation suive inexorablement son cours.

Enfin une tâche majeure est de réinsérer l'auteur d'un crime ou d'un délit pour qu'il puisse mener de nouveau avec les autres une existence réconciliée. Grâce aux soins médicaux, à l'aide psychologique, à la réflexion en groupe, à la formation professionnelle si besoin, à la mise en route d'un nouveau projet, la période de guérison et de reprise décidée par le tribunal devrait inciter le transgresseur à se réadapter à la règle du jeu de la majorité démocratique et à préparer sa réintégration plénière. Ces interventions multiples et concertées coûteraient aussi beaucoup d'argent.

Face aux rechutes sans remède

Que faut-il prévoir pour les récidivistes confirmés ? Malheureusement, nous nous trouvons parfois devant le constat d'incurabilité actuelle, de récidive inévitable. Que faire du détenu qui a été justement condamné pour avoir violé trois femmes et prétend être l'objet d'une erreur judiciaire ? Sans son aveu objectif de base, il paraît bien malaisé de l'aider à retrouver une vie sociale acceptable pour la majorité. D'entrée de jeu, en opposition au présent couperet des décisions judiciaires concernant la durée des peines, je dirais que de fréquents réexamens devraient protéger particulièrement cette catégorie de délinquants. Face à eux, je serais d'une part beaucoup plus vigilant qu'on ne l'est actuellement, mais d'autre part, je serais sans doute plus précis pour ouvrir des perspectives. Plus attentif, parce qu'il paraît grave de relâcher, sous prétexte que le temps dit "de la peine" est passé, des gens sur lesquels on n'a aucune garantie. Je maintiendrais donc les petites filles à l'abri des violeurs qui refuseraient les soins proposés, en gardant ces derniers dans des conditions de vie agréables, mais par un moyen approprié sous clé. Le bracelet électronique suffirait peut-être à résoudre la majorité des cas difficiles. Hélas pour eux, comme pour ceux qui refuseraient de se livrer à la réparation dont ils seraient estimés capables. C'en est fini des travaux forcés, mais pas du droit des victimes.

Mais d'un autre côté, j'ouvrirais des perspectives. Car ne tenant pas compte du libre arbitre, ne soupçonnant aucune mauvaise intention, mais constatant que des penchants se réveillent soudain comme des volcans, je lierais la rentrée dans la vie commune à la maîtrise médico-psychique des pulsions et à des techniques de surveillance. Or sur ce point, la perspective de "sortir" peut toujours dépendre de progrès nouveaux. Le propos est de reconnaître qu'un tel paraît inamendable "pour le moment". Jamais à vie, car on ne sait pas ce que vont donner certaines recherches sur le cerveau, à terme. Les moyens électroniques de surveillance deviennent de plus en plus performants. L'espoir du malheureux devrait être entretenu par des soins sans cesse mis à jour et une recherche soutenue dans tous les domaines qui peuvent faciliter son retour à une plus large autonomie.

Une évolution se produira-t-elle dans ce sens ? L'Alcatraz du XXIe siècle serait une réalisation utopique. La société éduquée par le judéo-christianisme risque de ne voir dans cette île qu'un château pour bandits de grand chemin et de renâcler devant le budget qu'il faudrait consacrer à la délinquance, y compris pour déjouer les évasions par hélicoptère. C'est l'enjeu d'une trop grande révolution, basée sur un doute radical concernant le libre arbitre. La terminologie du droit pénal (responsabilité, culpabilité, condamnation, peine, châtiment, grâce) trahit un certain personnalisme, qui reste assez insensible à la souffrance des déviants. Et comment ne pas compter aussi avec le sadisme rémanent ? On entassera encore pendant longtemps des prisonniers dans des cellules "vétustes, surchargées et insalubres". Et les médias raconteront périodiquement leurs mutineries.

Une réforme décisive de la justice ne pourra facilement et durablement obtenir le consentement d'une majorité toujours prête à la vindicte. On ne sait pas si un jour la société sera capable de regarder autrement la genèse de la délinquance en son sein et en conséquence de la traiter avec plus d'humanité, en raison même de l'inconnaissance. On peut simplement souhaiter que par le jeu de la dialectique sociale il se trouve un nombre croissant de gens à travailler à cette réforme du regard et finalement des pratiques. Les interactions du système finiront-elles par susciter un jour la Nouvelle Alcatraz ? Nous ne le savons pas.

En novembre 2005, deux cents personnalités ont signé un appel qui exprimait la honte que leur inspiraient les prisons françaises. Elles demandaient, au nom des Droits de l'homme, "la mise en œuvre immédiate d'une politique de modernisation - favorisant les peines alternatives et le suivi - et d'humanisation de la prison mettant en accord les actes de la France avec ses principes." Je me sens en plein accord avec une telle pétition. Je vois dans la liste des signataires les noms de personnes qui ont occupé les responsabilités les plus hautes touchant au domaine en question. Je n'en doute pas : ces responsables ont fait ce qu'ils ont pu. Mais il me semble qu'ils n'ont pas pu grand-chose en faveur de la vie quotidienne des détenus, puisqu'ils pétitionnent lorsque d'autres se trouvent aux commandes. Les changements trop fréquents de ministres empêchent un véritable suivi des décisions prises sous un gouvernement précédent. Alors ? En 2009, l'on vient de transférer des détenus d'une Centrale miteuse dans une prison moderne. Qui est ou y sera enfermé après récidive et qui y assurera la dure tâche de gardien jugera du changement.

La sortie du labyrinthe

Il m'arrive de penser que l'autonomie est au dedans. Nous errons dans des labyrinthes que nous n'avons pas choisis. Le monastère est joyeux pour qui a compris que le vrai fil d'Ariane ne peut conduire que dans les profondeurs personnelles et dans celles de la fraternité de destin. Les astuces angéliques de Dédale ne servent à rien pour en sortir. Mais je reste pour l'instant un navigateur qui a pris la tangente. Je ne nie pas que ce qui manquera toujours le plus au résident, même dans la Nouvelle Alcatraz, c'est le pouvoir des clés !

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